Suive qui peut de Dave Eggers

Dave Eggers

J’ai particulièrement apprécié « Suive qui peut » de Dave Eggers car il permet à la fois de partager les péripéties des héros mais également de se poser des questions sur l’intérêt de l’existence, sur les buts recherchés, sur les choix que chacun fait et sur cette quête perpétuelle d’épanouissement personnel qui a du mal à être atteinte même lorsque les actes devraient aider l’être humain à y parvenir.

Un style d’écriture

Suive qui peut de Dave EggersJ’ai été immédiatement séduite par ce roman grâce à la façon d’écrire de l’auteur. En effet, il a choisi de mettre en évidence deux héros, Will et Hand avec deux personnalités complètement différentes. Hand est de son côté exubérant, sûr de lui, a une forte personnalité. De son côté, Will apparait comme plus sensible, plus réservé, souvent dans la réflexion. Un duo improbable et qui pourtant fonctionne à la perfection car ils se complètement parfaitement malgré leurs nombreux désaccords mais cette histoire n’aurait pu se faire seul.

Il s’agit alors de l’intérêt du roman car j’ai eu alors a accès aux pensée de Will, désordonnées, positives ou négatives, j’ai accompagné ses réflexions. Cela m’a permis de me sentir impliquée dans l’histoire comme si ce héros me parlait, partageait ses sentiments. J’ai donc appris sa façon de penser, ses doutes, sans périodes où son cerveau s’emballe pour mélanger plusieurs pensées qui ne vont pas toujours ensemble. L’auteur a donc choisi de créer des personnages qui ne laissent pas indifférents et le choix est alors très judicieux car la magie opère instantanément.

Un sens à la vie

Dave EggersAu-delà des aventures de nos deux héros se pose une question essentielle qui fait que le sujet m’a passionné tant il est réel. Dans le deuil de leur meilleur ami Jack, Will et Hand tentent de combattre le néant, de trouver un sens à tout ce qui fait leur vie pour mieux masquer l’absence qui se montre pesante. Tout part de cette somme conséquente gagnée par Will mais qui ne pense pas la mériter réellement. Leur envie ou même leur besoin de donner aux autres n’est alors qu’un prétexte pour voir s’ils seront alors épanouis après avoir fait cette démarche et seront capables de poursuivre leur vie en tirant un trait sur le passé.

Se sentant responsables de la mort de Jack, ils vont alors tenter de se racheter en soulageant en partie la misère du monde en redistribuant cet argent aux personnes qui en ont réellement besoin. Mais la façon choisie, dans l’urgence, en une semaine, me révèle qu’il s’agit plus d’une lutte acharnée contre la mort qui s’est abattue sur Jack et que les héros ont besoin de rejeter complètement pour ne pas se sentir submergés. J’ai beaucoup apprécié cette façon désordonnée de parcourir le monde sans jamais s’arrêter, sans jamais se retourner comme pour marquer une nouvelle impulsion. Je comprends bien qu’il s’agit d’un passage entre les deux mondes car une fois que cette distribution de billets sera terminée, ils retourneront à leur vie sans se sentir oppressés.

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